FRERE DE COEUR
Il parait que le temps fane un à un les pétales des roses
Que la poussière au fil du temps, inévitablement se pose
Sur les pages écrites par les amoureux aux espoirs déçus
Sous les tonnes de « je t'aime » aujourd'hui, disparus.
Et dans le silence universel, sous la tonnelle ombragée
Des sentiments confus, de l'amour diffus, vers la voix lactée
La douce mélodie de la passion éphémère traverse l'infini
Pour s'enfoncer dans les méandres obscures de l'oubli.
Il parait que le temps creuse des rides sur les visages
Laisse des sillons, des traces fugaces sur son passage
Et la douceur de la peau aimée sous le poids du passé
Peu à peu se met perdre tout le grain de sa beauté.
Et dans le silence intemporel, sous la glace de l'univers
Des soupirs, des pleurs des femmes aux souvenirs amères
S'étendent au fil des millénaires sous les lancinantes prières
D'un amour avorté qui ne deviendra jamais légendaire.
Il parait que le temps use les clichés des amours jaunis
Et les regards que l'on croyait éternels sur papier défraîchi
Se perdent dans le livre de la mémoire qui s'enfuit
Sous les années qui peu à peu voûte notre dos meurtri.
Et dans les spasmes de l'espace intersidéral
La brume des chuchotements nous couvre de son voile
Et la mariée solitaire lasse d'attendre, soudain le déchire
Quand elle a compris que le futur mari n'allait pas venir.
Il parait que le temps calme la passion, arrondit les angles
Qu'il emprisonne les sentiments, qu'il les sangle
Dans les profondeurs du c½ur noirci par la routine
Qui, d'années en années, met l'amour en sourdine.
Mais dans l'immensité de ma mémoire, je saurai trouver
Toute la force qu'il faudra pour continuer à t'aimer
A travers l'étendue céleste, l'inconnu qui nous entoure
Je n'ai pas peur du compte à rebours jusqu'au dernier jour.
Il parait que le temps fane un a un les pétales des roses
Que la poussière, au fil du temps, inévitablement se pose
Sur les « je t'aime » sur les mots dits, écrits au long de ma vie
Je t'aime tellement fort aujourd'hui............
Même si un jour, hélas, tu l'oublies.